admin – Éducateurs bienveillants https://educateursbienveillants.com Rosine des chênes offre ses clés à vous tous Éducateurs bienveillants Fri, 04 Nov 2022 09:48:29 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 Le vrai système des conséquences : Une solution bien sympathique dans la socialisation de l’enfant https://educateursbienveillants.com/publications/le-vrai-systeme-des-consequences-une-solution-bien-sympathique-dans-la-socialisation-de-lenfant/ Mon, 07 Feb 2022 19:06:59 +0000 https://educateursbienveillants.com/?p=1025 […]]]> Alexandre, 4 ans et demi, traîne tous les matins avant de partir à la garderie.  Maman promet, papa gronde, rien n´y fait.  On en vient aux menaces -bien sûr pas tenues; “Si tu n´es pas prêt, je pars sans toi”, puis aux punitions.  Alexandre a beau être privé de ses comiques le soir, et même de son histoire préférée…  Le conflit est là, bien installé, et le problème toujours présent.  Alexandre traîne même un peu plus chaque matin et la patience des parents est mise à rude épreuve.

 

“Quoi faire?  Nous avons tout essayé!

– Et pourquoi Alexandre traîne-t-il ainsi le matin à votre avis?

– Je ne comprends pas.  On dirait qu´il veut nous embêter.

– Il y a un peu de ça, sauf que les enfants n´ont pas l´habitude d´embêter les adultes sans raison. Il y a souvent un message derrière les comportements agaçants.

– Je n´avais jamais eu de problème avec ça pourtant, jusqu´à cet automne.  Et nous avions passé un si bel été!

– Un si bel été dites-vous?

– Mais oui, j´ai pu prendre deux mois complets.  Imaginez, la plage, les promenades, les histoires…  On s´est gâté.

– Et jamais pressés le matin?

– Bien sûr que non!  Les matins de pluie, on restait en pyjama.  Un jour, j´ai même organisé le déjeuner au lit pour toute la famille.  On a tellement ri!  Jusqu´à ce qu´un verre de lait se renverse sur la taie d´oreiller.

– Et alors?

– Alors, rien.  J´avais le temps.  On a organisé une parade jusqu´à la salle de bains et j´ai expliqué aux enfants comment faire le lavage!

– Et vous êtes retournée au travail sans aucun pincement de cœur?

– Oh la, la!  Ne m´en parlez pas!

– Et les enfants?

– Mathieu était content de retrouver ses amis d´école.  Il me dit souvent:  Qu´est-ce qu´on s´est amusé maman, tu reprendras des vacances l´été prochain?  Mais Alexandre!  On dirait qu´il a perdu le goût d´aller à la garderie.

– Je ne crois pas, son éducatrice vous dit qu´il y est heureux, qu´il joue avec entrain. Elle le trouve même plus autonome depuis son retour.

– Alors?

– Alors, peut-être ne sait-il pas comment vous dire qu´il voudrait retrouver l´ambiance des matins d´été, quand on se faisait un câlin au réveil et qu´on avait tout le temps pour se préparer.

– Mais ce n´est plus vrai!

– Alors, il faut lui dire, et lui demander de collaborer.  “ On a moins de temps le matin, et on doit partir de toutes façons.  On va se lever un peu plus tôt, on prendra le temps d´une bon câlin.  Et quand on sera prêt en avance, on regardera ton livre de camions avant de partir.”

– Et si ça ne marche pas?  Une punition?

– Je préfère la conséquence logique: Il va falloir se lever un peu plus tôt le lendemain matin.  Pire, en traînant, on risque de perdre l´opportunité des activités plaisantes: Le déjeuner tous ensemble, le livre d´histoires ou la partie de chatouilles!

 

Aucun cri, aucune menace…  “Habille-toi vite!  Je t´attends dans la cuisine.  Aujourd’hui on va y arriver.  Allez hop! Cascades!”

– Ça a bien du sens, mais ça me demande à moi aussi de me lever plus tôt!

– C´est vrai.  Mais entre quelques jours d´efforts et des semaines de conflits…

– Je crois que je vais l´essayer.

– Vous ne le regretterez pas.”

 

La conséquence d´un bon comportement social,

c´est de se sentir heureux, fier de soi et accepté par ses proches.

Il ne peut y avoir de plus belle récompense.

 

Et, soyons persuadés… pour toute la famille :

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Redonnons place au jeu! https://educateursbienveillants.com/publications/redonnons-place-au-jeu/ Mon, 07 Feb 2022 18:59:28 +0000 https://educateursbienveillants.com/?p=1023 […]]]> “La rentrée!”  Après ce temps béni des vacances où parents et enfants ont connu le plaisir des repas dehors, des jeux sur le sable et du temps, oui surtout, du temps partagé sans stress et sans attentes, nous voilà tous repartis au boulot! Au boulot?  Mais non, me direz-vous, les enfants, ils JOUENT; ce n’est pas du travail!  Au fait, pourquoi les enfants aiment tant jouer?  Ils ne pourraient pas être sérieux un peu, des fois?

 

En référence avec mon livre MOI J’APPRENDS EN JOUANT, qui traite du jeu spontané de l’enfant sous toutes ses facettes, laissez-moi vous entretenir de ce que vos jeunes enfants font de plus sérieux dans leur vie: Jouer. Étonnante affirmation quand tous parlent de performance, d’efficacité et d’apprentissages précoces!

 

Pourtant, le jeu spontané de l’enfant est l’outil d’apprentissage par excellence de l’enfance et il renferme les qualités de toute intervention préscolaire: préparer les enfants pour l’adaptation à l’école, pour les apprentissages de base et pour la vie en société. Voyez plutôt:

 

Grâce au jeu, l’enfant exerce toutes ses habiletés en même temps. Par exemple, quand votre enfant s’engage dans la construction d’un château, il se sert non seulement de son habileté corporelle et manuelle, mais aussi de son imagination, de sa mémoire et autres capacités cognitives. Ses sens le renseignent autant sur la qualité des matériaux que sur les notions d’espace, de dimension, de quantité…  De plus, partager ce jeu avec ses amis exige des habiletés de langage, de relations sociales et de confiance en soi!

 

Le jeu, le saviez-vous? est indispensable à la formation de l’intelligence.  En effet, vos petits apprennent à penser par tâtonnement, essais-erreurs, répétitions inlassables de l’expérience, plaisir de la découverte et plaisir de la réussite.  Ainsi, lorsqu’un enfant tente de disposer son morceau de casse-tête, ou qu’il cherche quel bloc s’ajuste à sa construction, pendant qu’il essaye, qu’il recommence et se décourage, son esprit travaille. Tout au long de ses expérimentations, l’enfant observe, compare, différencie, associe, classe, ordonne…  Et ces actions, contenues implicitement dans les jeux spontanés et concrets, le portent à comprendre, mémoriser, intégrer; et aussi à nommer les objets, les actions et les notions (couleur, forme, texture, dimension, quantité) (et aussi dans, sur, à côté…) Le jeu favorise donc l’éclosion de l’esprit logique, de l’intuition, de l’imagination…

 

Le jeu, avec ses expériences concrètes, est ainsi le moteur obligé de la formation de l’intelligence car il correspond au mode d’action et de pensée de l’enfant d’âge préscolaire.  Selon Jean Piaget, qui nous a légué une compréhension originale du développement cognitif, aux stades “sensori-moteur” (avant deux ans) et “préopératoire” (2 à 7 ans), l’enfant pense avec son corps et ses sens. Il ne peut apprendre directement avec sa tête, il a besoin du mouvement et des expériences concrètes pour comprendre son environnement. Et… grand avantage s’il en est un, dans cette période d’apprentissage intensif, le jeu spontané inclut le plaisir, indispensable à toute action enfantine.

 

De plus, le jeu, c’est le temps indispensable à l’intégration sociale. Sans le jeu, nos enfants seraient sans doute incapables de s’adapter aux multiples contraintes sociales qui les assaillent dès leur plus jeune âge.  Que ce soit pour établir le contact avec les autres, apprivoiser notre vie familiale puis le monde scolaire, apprendre l’art de la négociation ou se conformer à de nouvelles règles, rien ne vaut le jeu librement consenti où l‘on essaye ses propres forces en apprenant à s’adapter à celles des autres. De multiples facettes du jeu permettent également à l’enfant de perdre, de gagner, de s’affirmer face à ses pairs ou, au contraire, d’accepter les décisions des autres… toutes composantes obligatoires de l’adaptation à la vie en société.

 

Et encore plus: le jeu, c’est l’espace qui rapproche les désirs inaccessibles des projets réalisables; parcours indispensable pour franchir la distance qui sépare le plaisir de la réalité.  C’est une tâche très difficile pour nos enfants que d’accéder au principe de réalité.  Tout au plaisir qui génère son appétit de vivre, qui lui donne la force de crier quand il a faim autant que d’exprimer son contentement par le sourire et les roucoulades, le bébé commence sa vie sociale sur le principe du plaisir absolu.

Pourtant, alors que le plaisir l’a aidé à se garder en vie et à établir ses premiers contacts significatifs, il lui faut très vite se plier aux caprices de la réalité.  Que ce soit pour attendre, réfréner les gestes impulsifs, faire les besoins sur le pot et autres obligations… les adultes n’en finissent pas d’exiger!  C’est une épreuve terrible, indispensable à la socialisation; or, si l’enfant peut la surmonter, c’est grâce au jeu symbolique grâce auquel il revit, transforme et s’approprie ces situations si difficiles à assumer.

 

Le jeu, enfin, c’est un espace privilégié pour se projeter dans le temps et pour visualiser ses désirs les plus fous. Quand notre petit imaginatif est chasseur de tigre, princesse ou magicien, tout devient possible, dans le présent comme dans l’avenir.  Cela crée l’espoir et donne des clefs pour passer à travers les épreuves inhérentes à notre passage sur terre.  En ce sens, le jeu est la porte qui accorde à nos enfants le droit de rêver leur vie. Ainsi, non seulement l’enfant ne peut apprendre sans jouer, mais sans le jeu, il ne peut tout simplement pas vivre. Alors, autant pour favoriser leur développement que pour nourrir leur droit au bonheur…

 

S’IL VOUS PLAÎT, LAISSONS NOS ENFANTS JOUER!

Parce qu’en jouant, l’enfant APPREND… TOUT!

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Accueil et compassion, deux éléments clés de la socialisation de l’enfant https://educateursbienveillants.com/publications/accueil-et-compassion-deux-elements-cles-de-la-socialisation-de-lenfant/ Mon, 07 Feb 2022 18:28:35 +0000 https://educateursbienveillants.com/?p=1021 […]]]> Maman appelle Frédéric « viens c’est l’heure de prendre ton bain ». « Non, tout à l’heure, je veux jouer encore. » Il y des soirs où maman est moins patiente. Son « viens tout de suite, je ne t’attendrai pas » annonce une bataille de mots et peut-être de gestes qui ne font l’affaire de personne. Mais voilà. Deux volontés s’affrontent, et la partie n’est plus sous le signe de la coopération et de l’entraide.

 

D’une réaction à l’autre, les cris, les larmes et la frustration de part et d’autre ne peuvent amener le résultat que tout parent attend légitimement de son enfant : qu’il apprenne à se conformer aux consignes familiales, et si possible, de façon agréable pour tout le monde. C’est pourtant essentiel au développement social de chaque enfant. Si le mot « obéissance » a parfois mauvaise presse, il reste évident qu’apprendre à obéir à ses parents est la base de tout le processus de socialisation de l’enfant.

 

En apprenant à écouter et à respecter ses parents, l’enfant se prépare à accepter les inévitables règles et consignes qui jalonneront toutes ses relations et activités en société. Ce passage obligé durant lequel l’enfant apprend à obéir aux consignes familiales l’aident de plus à se structurer et à façonner sa personnalité.

 

Comme parents, nous sentons combien ce rôle de mère et de père éducateurs est important. Mais combien pesant ce rôle peut-il devenir certains soirs, ou avec certains enfants, ou encore dans certaines périodes du développement de nos petits! Car enfin, pourquoi ne vient-il pas tout de suite? Comment m’y prendre pour qu’il m’écoute sans ces batailles stériles? sont des questions redondantes dans la tête et le cœur de tout parent à un moment donné.

 

Il existe un élément clé qui peut faciliter cette tâche aussi difficile à assumer pour les parents qu’à accepter pour les enfants : accueillir avec compassion ce que vit l’enfant. L’accueillir dans ses maladresses, dans son immaturité, dans son insatiable besoin de vivre avec plaisir le moment présent. Ainsi, lors d’une réaction d’opposition de l’enfant, une réponse comme « je comprends que tu aies envie de jouer encore » donne l’avantage de garder son oreille et son cœur ouverts à nos messages ultérieurs.

 

L’enfant ne sait pas encore exprimer ce qu’il vit avec les bons mots ou les bons gestes. Il est en apprentissage à la fois pour se définir et pour communiquer, et il est souvent assez malhabile dans les deux ! Quand il perçoit, grâce à quelques mots d’accueil, que son parent éprouve de la compassion pour ce qu’il vit, même s’il ne l’exprime pas de la bonne façon, il risque d’accepter mieux ce qui représente pour certains un défi quasi insurmontable. Car enfin, arrêter la construction de son château lorsqu’on n’a pas suffisamment conscience du temps pour être sûr qu’on pourra reprendre le jeu plus tard, voire demain, c’est la fin du monde quand on a 4 ans!

 

Nos petits ont besoin de toute notre compassion pour être capables d’écouter, de se conformer, ainsi que pour gérer conflits et frustrations. Quand ils se sentent accueillis dans la difficulté qu’ils vivent, ils sont plus enclins à se confier, à entendre le besoin de l’autre ou à accepter des compromis. Bref, c’est plus facile de rester en relation lorsqu’on se sent écouté soi-même. Ce qui est d’ailleurs vrai à tout âge.

 

Comment éviter un conflit qui s’amorce, alors que notre enfant réagit négativement à une consigne que nous venons d’énoncer ? Une petite phrase qui met des mots sur sa difficulté, son désarroi, voire son opposition, s’avère dans bien des cas un moyen efficace pour que le conflit ne démarre pas et que notre enfant se conforme à nos exigences sans heurts.

 

« Je comprends que ça ne te tente pas » ou bien « c’est toujours triste d’arrêter de jouer » ou même « je vois que tu es en train de faire une très belle construction » sont des petites formules efficaces pour sauvegarder une relation constructive entre parent et enfant, à chaque fois que les besoins éducatifs de l’adulte rencontrent la force des désirs de l’enfant.

 

Par exemple, quand Mathieu a oublié de se laver les mains avant de passer à table, si maman exprime tout d’abord « je vois que tu as très faim » , elle gagne la reconnaissance de son fils qui vient d’être reconnu dans son besoin. Il a trop faim pour penser à se laver les mains. Mais oui, ça arrive à cinq ans ! Bien sûr, maman va ajouter « mais on se lave les mains avant de s’asseoir à table », car la consigne doit être suivie, c’est une certitude. Et il y a de bonnes chances que Mathieu réagisse mieux à l’exigence parentale que si la petite phrase d’accueil n’avait pas précédé la consigne.

 

Accueillir de quelques mots pour s’assurer de faire suivre nos consignes dans la bonne humeur pour toute la famille ? Pourquoi pas !

 

Car, on peut s’en persuader, en éducation:

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Le regard bienveillant https://educateursbienveillants.com/publications/le-regard-bienveillant/ Mon, 07 Feb 2022 18:02:12 +0000 https://educateursbienveillants.com/?p=994 […]]]> Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’importance du regard que nous portons sur les enfants. Oui, je dis bien, les enfants. Ce que reçoit un enfant de la part d’un adulte qui le regarde vivre, évoluer, agir, se tromper, avoir peur, avoir mal… n’est pas le seul fait de ses parents, ou de son éducatrice, son enseignant, de qui les petits sont si proches au quotidien. Toute rencontre avec un autre adulte est significative pour tout enfant, tant il est vrai que, petit, nous nous construisons par le regard de l’autre, avant de se reconnaître pour ce que nous percevons de nous-mêmes. Et ce que nous percevrons de nous-même, dans quelques années ou même plus tard dans la vie, est directement influencé par les premiers regards que nous aurons reçu des adultes qui nous reflètent ce que nous faisons, ce que nous ressentons, ce que nous comprenons et en définitive… ce que nous sommes.

 

Chacun d’entre nous a le souvenir d’une personne qui a influencé, d’une façon ou d’une autre, la perception que nous avons de nous-même. Que ce soit le professeur qui nous a donné confiance, grand-maman dont le regard était toujours doux, le commerçant au regard si sévère que nous avons toujours une appréhension à rentrer dans une quincaillerie… tous ces étrangers à la famille immédiate ont eu, par un seul regard parfois, une influence sur notre façon d’être et d’agir. Alors, imaginons comment le regard de nos parents et de nos proches a pu être fondateur de ce que nous percevons de nous-même, et partant, de ce que nous sommes en tant qu’adultes.

 

Pour illustrer ce qu’un regard bienveillant peut occasionner sur la confiance en soi d’un enfant, voici un épisode vécu il y a quelques semaines, dont je garde une forte empreinte.

 

En visite chez des amis, voilà qu’ils reçoivent eux-mêmes la visite de leur nièce et de ses deux enfants. Nous prenons contact, nous jouons ensemble… Et soudain, la plus jeune, fillette de 7 ans, me dit; « veux-tu que je te montre ma danse? » Dès ma réponse affirmative, la voilà qui entame des pas de danse sur le mode de la gigue irlandaise. Sa dextérité instinctive me surprend et je la regarde danser avec un joyeux étonnement. Lorsqu’elle s’arrête, je la félicite, lui demande si elle prend des cours : non. Mon regard est enthousiaste. La fillette poursuit : « Je voudrais te danser une autre danse; en fait un peu pareille, mais un peu différente. » J’acquiesce du regard et la voilà qui virevolte avec un peu plus d’assurance, et hop! Une nouvelle figure apparaît dans son évolution; je souligne d’un sourire. À la fin de son exhibition, je l’appelle et lui demande si je peux lui faire un câlin. « Je te fais un câlin pour que tu n’oublies jamais quelle bonne danseuse tu es. »

 

Elle demande à sa maman de mettre de la musique appropriée et se remet à danser. À mon grand étonnement, sur la musique, la voilà plus performante dans ses pas et dans ses figures, comme si elle avait pris deux mois de cours! À la fin de la musique, je l’attire vers moi et cherche sur mon téléphone un numéro de la troupe « Riverdance ». Nous la regardons ensemble et je commente « Tu vois, tu fais ce pas…» « Regarde ce que devient cette figure lorsqu’on la travaille; toi aussi tu pourras faire cela… » La petite ne dit pas un mot, elle regarde l’écran, fascinée, collée sur moi. Quand le vidéo se termine, elle redemande à sa maman de mettre de la musique, choisit le morceau qu’elle veut.

 

Et j’ai vu sous mes yeux une démonstration de gigue irlandaise digne d’une enfant qui aurait pris une année de cours, ou plus. Elle fixait mon regard admiratif et totalement subjugué, je dois l’avouer. Il se passait devant moi quelque chose de si étonnant! Sa performance avait décuplé. Lorsqu’elle s’est arrêtée, elle montrait une grande fatigue. Je l’ai invité à boire un grand verre d’eau et à se reposer. C’est comme si je percevais le travail de structuration de l’apprentissage qui devait se faire à une vitesse incroyable dans ce jeune cerveau qui avait, grâce à mon regard bienveillant, doublé de ma croyance pour son jeune talent, trouvé la force, la détente et la concentration nécessaires pour augmenter ses capacités de danser la gigue irlandaise de plusieurs mois en… 15 minutes!

 

Ayant accompagné des enfants en musique et en danse durant une vingtaine d’années, je sais combien l’ambiance de l’atelier, la bonne humeur, le plaisir et la gentillesse devant toutes les manifestations d’habiletés, comme de comportements, provoquent des améliorations immédiates, et durables, de l’action artistique, et du comportement également. Je l’ai vérifié des centaines de fois. Mais cet épisode de rencontre avec un enfant talentueux fut si étonnant, tellement significatif et tellement précis dans son déroulement et dans son résultat, qu’il restera pour moi l’exemple parfait du pouvoir d’un regard bienveillant sur la capacité d’apprentissage d’un enfant et sur la construction de son estime de soi.

 

Croyez-moi, c’est aussi pour ces moments magiques que je ne me fatigue pas, après 50 ans de vie professionnelle auprès des enfants, de les côtoyer encore et toujours.

 

Un exemple de plus qui me fait être intimement persuadée que:

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La demande d’attention https://educateursbienveillants.com/la-demande-dattention/preview/ Fri, 04 Feb 2022 21:41:39 +0000 https://educateursbienveillants.com/?p=891 […]]]> Que faire lorsqu’un petit pousse un autre dans le local de la garderie, et parfois, après nous avoir regardé du coin de l’œil? À la maison, comment exhorter l’enfant de 5 ans à s’habiller sans qu’il se mette à hurler : «JE N’IRAI PAS À L’ÉCOLE!»? À l’école, que faire avec l’enfant qui, systématiquement, dérange l’enseignant, ou les autres enfants?

Regardons trois clés pour être bienveillants lors de ces « demandes d’attention »

Les exemples ci-dessus nous font en effet penser à une demande d’attention, et j’entends souvent l’adulte concerné ajouter l’adjectif « négative », que pour ma part, je n’utilise pas. Car je considère une demande d’attention comme une question, un appel à l’aide, ou encore un appel ou rappel à l’attention de l’adulte; elle est donc neutre et sans intention de faire du mal à qui que ce soit.

C’est le fait le plus souvent de petits de moins de 3 ans, au langage pas assez élaboré pour s’en servir dans un moment plein d’émotion ou de crainte. Ces agissements se voient de façon courante dans les groupes de plus petits à la garderie. Dans la famille, un petit en pleine période d’adaptation au nouveau-né ou dérangé par une situation difficile, ou vivant une peur d’abandon, peut aussi agir ainsi pour appeler l’aide et la compassion de ses parents.

Enfin, des enfants de plus de 3 ans, à la garderie, à l’école et à la maison, peuvent se servir de ce mode « d’appel à l’adulte » quand la situation, l’émotion, dont la peur en particulier, le remet dans la vulnérabilité de sa toute petite enfance.

Comment ne pas tomber dans le piège du « il fait exprès », suivi d’une escalade provoquée par une intervention réactive? Ces situations arrivant souvent à un moment fort peu approprié pour le parent, l’éducatrice, ou l’enseignante au niveau primaire, il n’est pas toujours facile de répondre avec calme et patience.

 

    1ère CLÉ : NE PAS JUGER

 

Pour agir avec bienveillance dans ce genre de situation, ne pas juger l’enfant comme s’il le faisait exprès ou qu’il agissait avec malice. En effet, sans langage suffisant, et souvent  rempli d’une émotion qui le submerge, le jeune enfant n’a tout simplement pas les capacités cognitives pour anticiper et organiser une guerilla contre son parent bien aimé ou son éducatrice dont il veut l’attention. Quant aux plus âgés, assez vulnérables pour agir comme s’ils avaient moins de 3 ans, ils réagissent avec l’impulsivité propre aux tout petits.

Donc, la première clé, ne pas juger, nous permet de remplacer notre irritation par de la compassion et une attitude d’écoute au besoin de l’enfant. Une réaction trop prompte, capable de mettre le feu aux poudres, sera alors évitable plus facilement.

 

2ème CLÉ : PERCEVOIR L’APPEL À L’AIDE

 

Pour agir avec bienveillance dans ce genre de situation, il est important de percevoir la demande comme une question, ou un appel à l’aide. Derrière une demande d’attention, le mot le dit si bien, il y a un besoin d’attirer l’attention de l’adulte dont l’enfant a besoin pour se réconforter. Ça peut être une question : « dis-moi que tu es là pour moi », ou un appel à l’aide « j’ai besoin de toi et je ne sais comment le dire », ou tout simplement : « regarde ce que je fais, j’ai besoin de ton approbation ». Je nomme « appels à l’adulte » ces différentes raisons fort légitimes pour un petit de chercher, à tout prix, l’attention.

Donc, la deuxième clé, percevoir une question ou un appel à l’aide dans la demande d’attention, nous permet de nous placer dans la position de « répondre à la question ou au besoin », plutôt que d’être en réaction ou même, en opposition à l’enfant.

 

      3ème CLÉ : Utiliser la Méthode ACCeS

La Méthode ACCeS , grâce à ses trois propositions complémentaires, est une clé de bienveillance en soi.

L’Accueil est l’outil qui nous met en compassion et répond directement au besoin de l’enfant d’être entendu, compris dans son besoin.
Exemple : Si l’enfant refuse de s’habiller, phrase d’accueil : « je vois que ça ne te tente vraiment pas de t’habiller. » (Avec un câlin, c’est encore plus efficace!)

La Consigne Claire positionne notre rôle de guide éducateur qui va aider l’enfant à apprendre, à se conformer à la situation ou à acquérir de nouveaux outils pour se faire comprendre.
Dans l’exemple ci-dessus : « Il faut s’habiller chaudement pour aller jouer dehors. »

Le Soutien assure à l’enfant notre accompagnement pour réussir à se conformer à la règle.
Dans l’exemple ci-dessus : « Ce n’est pas facile de passer ces pantalons. Veux-tu de l’aide? » (Ce que l’on veut, c’est encourager l’enfant à s’habiller. Pour « s’habiller tout seul et sans pleurer », ça viendra. Et d’autant mieux si l’enfant se sent réconforté et soutenu dans ses efforts.)

Donc, notre troisième clé, utiliser ACCeS, évite les effets les plus difficiles d’une réponse négative de la part de l’adulte. Par exemple, un enfant qui se fermerait de plus en plus, qui perdrait confiance en l’adulte, et parfois « dans les adultes en général » et qui augmenterait ses demandes d’attention sans rien apprendre.

Par contre, avec un enfant qui se sent écouté, qui reçoit l’attention dont il a besoin, tout en apprenant à se conformer aux exigences du moment, nous courons le beau risque de tracer le chemin vers… la confiance et la collaboration.

 

Car n’oublions pas : En éducation

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La phase d’affirmation https://educateursbienveillants.com/la-phase-daffirmation/preview-2/ Fri, 04 Feb 2022 17:12:08 +0000 https://educateursbienveillants.com/?p=877 […]]]> Comment être bienveillant avec les petits entre 18 mois et 3 ans, période souvent difficile autant pour l’enfant que pour ses parents?

Comment aborder cet âge étonnant? On y voit le petit de l’homme quitter sa nature de bébé charmeur, heureux d’obtenir tout ce dont il a besoin sans trop d’efforts et qui suivait avec le sourire maman et papa dans leurs décisions. Et le voilà qui traverse la première grande crise de sa vie : la période du NON!, ou phase d’affirmation.

Cette période de développement de l’enfant a mauvaise presse. En référence aux velléités de pouvoir du petit sur son entourage, ou encore à ses crises intempestives lorsqu’il n’a pas ce qu’il veut, on parle de « phase d’opposition » ou encore de « terrible two »!

Eh bien! Pour ma part, je les nomme mes « Amazing 2 », ces petits hauts comme trois pommes qui réclament leur indépendance avec si peu de moyens disponibles, qui font un nombre d’apprentissages impressionnants au quotidien et qui, couche et biberon en bandoulière, sont prêts à affronter des géants 3 fois plus grands qu’eux… leurs parents! Quel courage! Quelle détermination! Avec moins de 50 mots disponibles, la marche tout juste solide, et ayant à peine acquis l’assurance d’être aimés de leurs parents grâce au processus d’attachement, les voilà à la conquête de leur autonomie avec, pour tous outils, leurs « je suis capable », « moi tout seul », « moi veux » et bien sûr… le fameux « Non! ».

Pour bien comprendre les défis que rencontre le tout petit entre 18 mois et 3 ans, il est bon de prendre conscience des apprentissages immenses qu’il parcourt durant cette phase. La fonction neuronale est en vitesse maximum, des millions de nouvelles connections par jour sont nécessaires au cerveau pour emmagasiner les incroyables apprentissages de cet âge magnifique. En effet, un an et demi après ses dix huit mois, le petit de 3 ans court, fait du tricycle, mange et se déshabille par lui-même, est propre le jour, ou peu s’en faut. Il manie crayon et autres outils manuels, peut jouer seul de 10 à 20 minutes et parfois plus, est attiré par les autres enfants et peut s’attacher et obéir à d’autres adultes que ses parents. De plus, il se fait comprendre, il aime chanter, dessiner, et danser; il s’intéresse à plusieurs notions cognitives et démontre ses premiers champs d’intérêt.

Quelle escalade entre 18 mois et 3 ans! La description ci-dessus est utile pour remettre au centre de la perception de cette période de l’enfance le réel défi qu’elle représente : une somme d’apprentissages phénoménale, comme il n’en existera pas d’autre aussi intense au cours de toute la vie, et un bond qualitatif formidable pour le tout petit : devenir, en un an et demi, le petit enfant de 3 ans, qui acquiert une première autonomie sociale, une certaine capacité de réfréner ses pulsions de plaisir immédiats et une nouvelle habileté, prémisse de l’autodiscipline qui s’ébauche : la capacité et le désir de se conformer aux demandes de ses parents. Ouf!

Quelles sont les trois clés clés magiques pour aborder avec bienveillance cette magnifique et intense période?

 

    1ère CLÉ : LA CONSCIENCE DE LA RÉALITÉ DU TOUT PETIT

Le premier pas que nous devons franchir pour être bienveillants durant cette période, c’est de prendre conscience de ce que vit le tout petit, de ce qu’il affronte comme défis, ceux-ci étant intimement liés aux caractéristiques de cet âge. On peut reconnaitre comme caractéristiques affectives principales de la phase d’affirmation, entre 18 mois et 3 ans :

  • des paroles et des actions pour s’affirmer
  • un début de confiance en soi
  • des signes d’opposition
  • des émotions intenses.

 

2ème CLÉ : LES CARACTÉRISTIQUES DE CETTE PÉRIODE EN SONT LES COMPOSANTES

Un deuxième pas vers la bienveillance, c’est de considérer ces caractéristiques comme des composantes de cette période, dépendant des défis rencontrés, de la fatigue occasionnée par les multiples apprentissages et du dilemme énorme qui se pose à l’enfant de cet âge : vouloir avancer, grandir, prendre son élan, et tout à la fois, vouloir s’assurer de l’amour inconditionnel de ses parents chéris… et dont il faut s’éloigner pour grandir! (Il y a de quoi y perdre son jargon!)

      3ème CLÉ : INTÉGRER LES DEUX CLÉS-OUTILS MAGIQUES

Le troisième pas à framchir, c’est d’apprendre les 2 clés magiques lors des affirmations et des décharges émotionnelles du tout petit:

  • garder son calme
  • rester ferme dans ses demandes

Ces deux clés-outils d’intervention bienveillante sont complémentaires et dépendantes l’une de l’autre. L’enfant en difficulté, quand il est accompagné par un parent, ou une éducatrice, qui lui parle avec calme, utilisant peu de mots, et restant fermement persuadé que la demande qu’il fait à l’enfant est légitime et bonne pour lui (se laver les mains, s’habiller, se conformer à ce que l’on mange au repas, aider à ranger à la fin de la journée, etc.) permet à l’enfant d’apprendre :

  • Que l’adulte est resté calme et gentil; il peut compter sur lui.
  • Qu’une crise ne fait pas changer la consigne.

Après deux ou trois essais, un tout petit enregistre, à sa manière, que ses façons de faire  intempestives sont inutiles; il apprend ainsi à se conformer aux règles sociales, dans une ambiance bienveillante, à la fois douce et ferme.

Quels sont les avantages d’être bienveillant à chaque épisode délicat de cette période intense, autant pour le petit que pour les adultes qui en prennent soin?

  • Le cerveau en plein apprentissage a tout avantage à ne pas être brusqué, car comme le prouvent les neuro sciences depuis plus d’une décennie, un cerveau apaisé par des interventions douces, empathiques, exemptes de brusqueries fournit à l’enfant les meilleurs facteurs de réussite dans tous ses apprentissages. La bienveillance aide également à forger une personnalité plus harmonieuse, autant pour soi que pour les autres. De plus, notre empathie sert de modèle à l’enfant.
  • Rappellons-nous que l’attachement aux deux parents, tout juste installé, est encore faible, fragile. La gentillesse, l’affection, ainsi que la constance des parents, pendant cette période difficile pour le tout petit, engendre alors une consolidation de son attachement envers eux. L’enfant peut continuer à leur faire confiance et il apprend à les aimer de plus en plus.

En résumé, Il y a moyen de percevoir la phase d’affirmation avec toute sa beauté, et d’y sentir tout le besoin de compassion des petits qui traversent la première grande crise de leur vie. En voir la beauté nous redonnera le sens de l’humour, autre clé magique pour cette traversée. Avoir de la compassion nous permettra d’intervenir avec empathie, en se mettant avec bienveillance à la place de nos « Amazing 2 »

 

Au plaisir! Sans oublier qu’en éducation…

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